Pourquoi les lacs de cratère de São Miguel semblent peints
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Pourquoi les lacs de cratère de São Miguel semblent peints

Une eau en deux couleurs

La première fois que je me suis tenu au-dessus de Sete Cidades pour regarder deux lacs se partager le fond de ce qui était, à l’évidence, une seule et immense cuvette, mon premier réflexe a été d’y chercher une explication spectaculaire. Deux éruptions distinctes, peut-être, ou deux minéraux différents colorant l’eau de part et d’autre d’un mur souterrain. L’explication réelle s’est révélée plus discrète, et plus intéressante une fois comprise : j’avais sous les yeux un seul volcan effondré, qui se remplissait tout simplement de pluie depuis très longtemps.

C’est la version courte de la façon dont la plupart des lacs de cratère de São Miguel sont apparus, et elle mérite qu’on s’y attarde avant même de planifier un voyage autour d’eux, car elle change ce que l’on regarde réellement en se tenant enfin à l’un des points de vue de /things-to-do/sete-cidades/.

Comment un volcan devient un lac

Les Açores se trouvent sur une zone de rencontre entre trois plaques tectoniques, ce qui explique en partie pourquoi l’archipel est si intensément volcanique. À São Miguel, certains des grands centres éruptifs de l’île n’ont pas simplement construit un cône avant de s’éteindre. Après une éruption assez puissante pour vider la chambre magmatique sous-jacente, le sol n’avait plus rien pour le soutenir : il s’est effondré vers l’intérieur, laissant une vaste dépression appelée caldeira. C’est un processus différent d’un simple cratère ouvert par une seule explosion en surface ; une caldeira est le résultat de l’effondrement de toute la structure.

Une fois la caldeira formée, la géologie s’efface et laisse le climat prendre le relais. São Miguel reçoit des pluies abondantes et possède une nappe phréatique naturellement haute, si bien qu’au lieu de s’assécher, la dépression se remplit peu à peu. Les eaux souterraines s’y infiltrent, les cours d’eau se rassemblent sur le fond du cratère, et au bout de plusieurs siècles, le résultat est un lac installé dans ce qui était autrefois la gorge du volcan.

Sete Cidades s’est formé ainsi. La Lagoa do Fogo aussi, au centre de l’île, même si elle provient d’un centre éruptif distinct et constitue sa propre caldeira indépendante, plutôt qu’un prolongement de la même. Je trouve cette distinction facile à perdre de vue lors d’une première visite, car de loin, les deux endroits offrent la même image : une cuvette d’un vert quasi parfait, avec une eau immobile au fond.

Ce que j’apprécie en comprenant ce mécanisme, c’est qu’il transforme le regard qu’on porte sur le paysage. On ne contemple pas un lac qui se trouve par hasard dans une jolie vallée. On contemple la cicatrice d’une éruption assez puissante pour engloutir son propre volcan, aujourd’hui assez calme pour refléter le ciel.

La légende qui explique les couleurs, même si ce n’est pas le cas

Sete Cidades porte une histoire que tous les guides de São Miguel finissent par raconter, et je crois qu’il vaut la peine de la connaître avant de voir les lacs plutôt qu’après. Un berger aux yeux verts est tombé amoureux d’une princesse aux yeux bleus. Le père de celle-ci interdit cette union, et lorsque les deux amants furent séparés pour de bon, chacun aurait pleuré un lac : l’un vert, l’autre bleu, côte à côte dans le même cratère.

C’est évidemment un conte populaire plutôt qu’un récit géologique, mais je ne pense pas que cela le rende moins digne d’intérêt. Ce genre de légende existe généralement parce que le détail physique qu’elle prétend expliquer est bien réel, assez réel pour appeler une histoire. Les deux lacs de Sete Cidades peuvent véritablement afficher des teintes différentes, l’un tirant vers le bleu et l’autre vers un vert plus profond, selon la profondeur de chaque bassin, les algues présentes dans l’eau et l’angle de la lumière au moment précis où l’on se tient au-dessus d’eux.

Par une matinée claire et lumineuse, le contraste peut être saisissant. Par un après-midi couvert, ce que les Açores offrent tout aussi souvent, les deux lacs peuvent sembler presque identiques, et la légende ressemble soudain à un étalonnage des couleurs un peu trop optimiste. J’ai vu les deux versions depuis le même point de vue, à des jours différents, ce qui explique en partie pourquoi cette histoire s’est maintenue si longtemps : elle donne aux gens la permission de voir ce que la lumière veut bien leur montrer.

Pas un seul lac, et pas toutes les Açores

L’autre chose que j’ai sous-estimée avant de passer du temps sur São Miguel, c’est le nombre de ces bassins, et à quel point chacun se lit différemment depuis un point de vue. Sete Cidades récolte la célébrité des cartes postales, mais les lacs de cratère de l’île ne forment pas une attraction unique : ce sont une petite collection de lieux, chacun avec sa forme, sa profondeur et son atmosphère propres.

La Lagoa do Fogo, plus haute et plus exposée aux intempéries, reste souvent à moitié voilée de nuages même quand la côte, plus bas, est dégagée. De plus petits lacs, plus discrets, nichés dans d’autres caldeiras de l’île, n’apparaissent presque jamais sur la liste d’un premier voyage, simplement parce qu’aucune légende célèbre ne leur est attachée.

Il vaut aussi la peine d’être précis sur l’endroit où ce phénomène se situe réellement. Sete Cidades et la Lagoa do Fogo sont toutes deux des particularités de São Miguel en propre, et non un trait partagé uniformément par l’ensemble des Açores. Les neuf îles de l’archipel portent chacune leur propre empreinte volcanique, et si des caldeiras effondrées existent ailleurs sous d’autres formes, les vastes bassins lacustres que la plupart des gens imaginent en entendant « lac de cratère des Açores » restent, avant tout, une histoire de São Miguel.

C’est aussi pourquoi l’île récompense une curiosité plus lente qu’un simple arrêt à un seul belvédère. Plusieurs miradouros de São Miguel cadrent plus d’un bassin lacustre dans le même panorama, si bien qu’une courte marche entre les points de vue peut transformer ce qui ressemble à une seule carte postale en une suite d’images, chacune façonnée par le même processus volcanique sans jamais tout à fait se répéter.

Si voir plusieurs de ces lacs de près, plutôt que seulement depuis un point de vue lointain, est ce qui vous attire ici, longer la crête du cratère est la façon la plus courante de le faire. Une randonnée guidée autour de la crête du cratère de Sete Cidades relie plusieurs points de vue au fil d’une même sortie, tandis qu’une excursion à la journée combinant Sete Cidades et la Lagoa do Fogo couvre les deux caldeiras les plus connues de São Miguel sans avoir à organiser la conduite soi-même.

Pour un rythme plus lent, avec davantage d’arrêts en chemin, une excursion à la journée complète construite autour des points de vue sur les lacs de l’île convient plutôt à ceux qui préfèrent s’attarder à chaque belvédère plutôt que d’enchaîner rapidement.

Rien de tout cela n’exige encore de décision d’itinéraire de votre part. J’ai écrit ceci avant la partie pratique, volontairement, car je pense que les caldeiras prennent tout leur sens une fois qu’on sait ce que l’on regarde vraiment : non pas un simple lac pittoresque, mais le calme après coup d’une île qui a passé très longtemps à être volcanique avant de devenir belle.

Questions que l’on me pose sur les lacs de cratère de São Miguel

Pourquoi trouve-t-on autant de lacs dans des cratères volcaniques à São Miguel ?

São Miguel s’est construite à partir d’une chaîne de centres volcaniques, dont plusieurs se sont effondrés en vastes caldeiras après que de grandes éruptions ont vidé la chambre magmatique située dessous. La pluie et les eaux souterraines remplissent ces dépressions depuis des milliers d’années, ce qui explique que l’île compte plus d’un lac de cratère plutôt qu’un seul exemple célèbre.

L’histoire du lac bleu et du lac vert de Sete Cidades est-elle vraie ?

La légende de la princesse aux yeux bleus et du berger aux yeux verts est un conte populaire, pas une explication géologique. Les deux lacs prennent réellement des teintes différentes selon la lumière, les algues et la profondeur, ce qui explique presque certainement pourquoi cette histoire s’est répandue et se raconte encore de génération en génération.

La Lagoa Azul et la Lagoa Verde de Sete Cidades sont-elles vraiment de couleurs différentes ?

Depuis le bon point de vue et au bon moment de la journée, oui, elles peuvent apparaître nettement bleue et verte à l’œil, même si l’effet varie constamment selon la couverture nuageuse, l’angle du soleil et la saison. Par temps couvert, le contraste peut presque totalement s’estomper.

La Lagoa do Fogo fait-elle partie du même système de cratère que Sete Cidades ?

Non. La Lagoa do Fogo occupe sa propre caldeira volcanique distincte, à peu près au centre de São Miguel, et s’est formée à partir d’un centre éruptif différent de celui de Sete Cidades. Ce sont deux exemples indépendants du même processus géologique, pas deux lacs dans un seul cratère.

Trouve-t-on aussi des lacs de cratère sur d’autres îles des Açores ?

Le grand lac de caldeira rempli d’eau, dans sa forme la plus emblématique, se trouve surtout à São Miguel, mais le processus d’effondrement volcanique qui les crée existe ailleurs dans l’archipel sous d’autres formes, de la Furna do Enxofre à Graciosa au Caldeirão de Corvo. Les caldeiras remplies de lacs que l’on imagine généralement restent toutefois avant tout une histoire de São Miguel.

Peut-on voir plus d’un lac de cratère depuis un seul point de vue ?

Oui, et c’est en partie ce qui rend les miradouros de São Miguel si gratifiants : plusieurs points de vue cadrent deux bassins lacustres ou plus dans un même panorama, plutôt que d’isoler un seul lac comme le suggèrent souvent les cartes postales.

Les lacs de cratère changent-ils de couleur selon les saisons ?

Leur couleur apparente varie davantage avec la météo et la lumière qu’avec un calendrier fixe, même si les efflorescences d’algues et les précipitations peuvent subtilement approfondir ou ternir la teinte de l’eau à certaines périodes de l’année. Aucun mois précis ne garantit les couleurs les plus vives.

Pour le côté pratique de la visite, des départs de sentiers à l’accès aux points de vue, les pages dédiées /guides/sete-cidades-crater-guide/ et /guides/azores-volcanoes-and-craters/ prennent le relais là où celle-ci s’arrête, ainsi que les guides de destination /destinations/sete-cidades/ et /destinations/lagoa-do-fogo/.

Si vous en êtes encore à structurer votre séjour, /itineraries/sao-miguel-in-3-days/ et /itineraries/sao-miguel-in-one-day/ organisent tous deux le temps autour de ces points de vue, et /guides/sao-miguel-hiking-trails/ ainsi que /guides/best-hikes-in-the-azores/ couvrent les sentiers qui les relient à pied.

Pour la lumière et le bon moment, /guides/azores-photography-spots/ et /guides/best-time-to-visit-the-azores/ valent le détour, et /blog/sete-cidades-at-dawn/ montre à quoi ressemble le cratère avant l’arrivée des foules. Pour une vision plus large de la place de cette île dans l’archipel, /blog/nine-islands-in-one-sentence-each/ et /destinations/sao-miguel/ sont de bonnes prochaines lectures.

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